Table ronde 1 : La pratique numérique des élèves et l’évolution de la construction de soi

Note : deux des intervenants de cette première Table ronde ont été dans l’impossibilité de se déplacer. La chercheuse Laurence Allard a pu assurer sa communication en visio-conférence, et Cédric Fluckiger a été remplacé par Pierric Bergeron.

  • Animatrice : Blandine Raoul-Réa, Chef du Département du développement des usages et de la valorisation des pratiques (DNE A2) – Direction du numérique pour l’éducation (DNE) – Service du développement du numérique éducatif – Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Intervenants : 

  • Laurence Allard – Maître de conférence en Sciences de la communication – Université de Lille III et chercheuse à l’IRCAV – Université de Paris III – – Université Lille 3, Paris 3 (IRCAV)
  • Patrick Fabre – Psychologue de l’Education Nationale – Ecole Marcel PAGNOL – Académie de Nice
  • Cédric Fluckiger – Maître de conférence en Sciences de l’Éducation – Université de Lille 3 – Absent
  • Pierric Bergeron – Professeur documentaliste, docteur en sciences de l’éducation, chercheur associé au laboratoire CREF, UPON – Lycée Pilote Innovant International (LP2i) – Académie de Poitiers

 

En matière de pratique du numérique, le pouvoir prescriptif de l’école et de la famille s’amoindrit avec le développement d’une autonomie dans l’accès à l’information (première activité menée par les jeunes sur internet), aux ressources culturelles. La forme des sources auxquelles les jeunes accordent leur temps, leur lecture, est modifiée : moins formelle, moins académique, moins journalistique, plus ouverte, plus variée, multimédia – avec une importance accrue de l’image, plus interactive… La pratique numérique scolaire n’est cependant pas superposable aux pratiques plus personnelles. Elle ne fait pas systématiquement appel aux mêmes ressources, aux mêmes compétences et connaissances même si parfois l’école invite, dans ses pratiques, les mêmes services numériques. La question qui se pose est donc de savoir en quoi ces différentes pratiques numériques constituent des marqueurs et des instruments de la construction de soi.


l’audio intégral de la Table ronde prochainement disponible

 

Nombre d’études montrent que les pratiques numériques des jeunes occupent une place importante dans leur quotidien. Selon un sondage RSA/IFOP mené en février 2013, 77% des jeunes français âgés de 11 à 17 ans se connectent chaque jour à Internet, et 48% plusieurs fois par jour. 88,7% d’entre eux affirment qu’il leur serait difficile de se passer d’Internet au quotidien.

Ils se construisent avec ces pratiques dans une société où le web 2.0 dessine des réseaux, nouveaux ou pas, sociaux et professionnels, plus ou moins communautaires, etc. Ces pratiques induisent une « sociabilité digitale » (Cardon – Delaunay, 2006). La pratique numérique DES ÉLЀVES (puisque tel est l’intitulé de cette table ronde) est sensiblement différente de leurs pratiques dans la sphère privée. Le pouvoir prescriptif de l’école, de la famille s’amoindrit avec le développement d’une autonomie dans l’accès à l’information (première activité menée par les jeunes sur internet Cf sondage précédemment cité), aux ressources culturelles. La forme des sources auxquelles les jeunes accordent leur temps leur lecture est modifiée : moins formelle, moins académique, moins journalistique, plus ouverte, plus variée, multimédia avec une importance accrue de l’image, plus interactive… La pratique numérique scolaire n’est pas superposable avec les pratiques personnelles. Elle ne fait pas systématiquement appel aux mêmes ressources, aux mêmes compétences et connaissances même si parfois l’école invite dans ses pratiques les mêmes services numériques. La finalité telle qu’énoncée dans la loi de refondation de l’école. La question qui se pose est de savoir en quoi ces pratiques numériques constituent des marqueurs et des instruments de la construction de soi.

Laurence Allard a mis en lumière ces pratiques numériques des jeunes que nous ne connaissons pas forcément et qui constituent une part importante des activités juvéniles. Parce qu’éduquer son enfant est un enjeu pour la famille, il apparaît d’incontournables tensions chez les jeunes entre les pratiques personnelles et les pratiques scolaires, entre l’espace privé et public, scolaire et personnel, dans la classe et dans la cour, … Patrick Fabre,  examine ces tensions et ce qu’elles peuvent générer dans la construction de soi.


Ressources

Pratique num. des élèves et évolution de la construction de soi, par canope06

Publié dans La pratique numérique des élèves et l’évolution de la construction de soi