Présentation de la problématique

La réflexion menée durant la 7e édition d’écriTech a permis de réfléchir aux effets de notre environnement technique sur notre expérience et notre lecture du monde, ainsi que sur sur les modalités d’écriture qui peuvent en découler. Dans la mesure où les supports numériques transforment nos facultés et possibilités perceptives, en même temps qu’ils transforment notre environnement[1], nous sommes engagés, en tant que professionnels de l’Éducation, à repenser la médiatisation des connaissances[2] et à reconfigurer les contextes d’apprentissage.

Les enjeux économiques peuvent laisser craindre une tentative d’instrumentalisation de l’école et des savoirs, et de mainmise des grandes entreprises du numérique sur l’éducation et la transmission. Or l’école est, dès l’origine grecque du terme, une « suspension de l’asservissement à la vie quotidienne »[3], un espace de liberté, un lieu d’émancipation. L’objectif de l’École à l’heure du numérique est donc de mobiliser le numérique pour « soutenir [cet] effort de subjectivation »[4].

Des études montrent que si le numérique est un facteur d’intégration pour les jeunes, tous ne sont pas également maitres des outils ni conscients des enjeux et des mécanismes qui les sous-tendent. Un des objectifs de l’éducation à l’ère numérique est bien la capacité de tirer, de façon égale, bénéfice des potentialités de l’informatique connectée pour enseigner et pour apprendre.

Du fait, des algorithmes qui favorisent la mise en réseau restreint à la communauté d’intérêts, les lectures préférentielles, et une créativité préfigurée par des architextes[5] notamment, le numérique fait courir le risque d’une réduction de l’accès à l’information, mais aussi celui d’une lecture solipsiste du monde, d’une vision du monde réduite à sa communauté et d’une production pré-formatée. Or, le numérique contient cette formidable promesse d’ouverture au monde, à la connaissance et à l’autre, cette opportunité inégalée d’expression et de création : notre École veut relever le défi d’un devenir commun, collectif, humaniste.

Dans un environnement qui est un véritable « écoumène média-numérique »[6], les savoirs et l’apprentissage doivent se penser différemment. écriTech’8 cherchera à interroger les liens, les interactions et les tensions entre numérique, appropriation, partage et construction des savoirs à l’École.

Comment se tracent les voies d’une appropriation active des connaissances disponibles par le numérique ? Comment peut-on accompagner la transformation de la relation des êtres à un savoir « disponible en promenade dans les bases de données »[7] ? Quelles démarches pédagogiques mettre en place ? Comment faire le design pédagogique du numérique[8] ? Quelle pédagogie de la participation, du partage et de la polysémie peut-on imaginer et mettre en œuvre ? Quelles compétences d’éditorialisation développer chez les enseignants et chez les élèves ? Voilà quelques questions qui pourront guider les débats et les rencontres de la 8e session du colloque écriTech.

[1] Stéphane Vial, conférence inaugurale du colloque ÉcriTech’7, 18/05/2016, Nice
[2] Carole Lipsyc, « Le numérique jubilatoire: de l’énonciation à la médiatisation », colloque ÉcriTech’7, 18/05/2016, Nice
[3] ibidem
[4] Alexandra Saemmer, colloque écriTech’7, 19/05/2016, Nice
[5] Serge Bouchardon, colloque écriTech’7, 18/05/2016, Nice
[6] Carole Lipsyc, op.cit.
[7] Louise Merzeau, citée par Alexandra Saemmer, op.cit.
[8] Stéphane Vial, op.cit.

Participez à Orme 2017

Le rendez-vous des acteurs du numérique pour l'éducation, les 31 mai et 1er juin 2017 à Marseille.

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